Sclérose en plaques : un traitement prometteur

Sclérose en plaques : un traitement prometteur

La sclérose en plaques s'attaque au système nerveux. Si les premiers dégâts sont transitoires, ils deviennent irréversibles sur le long terme. Mais une greffe de cellules souches de la moelle osseuse permettrait d'inverser cette évolution de la maladie.




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Sclérose en plaques : un traitement prometteur

Sclérose en plaques : un traitement prometteur

La sclérose en plaques s'attaque au système nerveux. Si les premiers dégâts sont transitoires, ils deviennent irréversibles sur le long terme. Mais une greffe de cellules souches de la moelle osseuse permettrait d'inverser cette évolution de la maladie.

Près de 80 000 personnes souffrent de sclérose en plaques en France. Cette maladie s'attaque progressivement au système nerveux et aboutit, au bout d'un temps variable selon sa forme d'évolution, à des dégâts irréversibles. Mais un nouveau traitement initié lors des phases précoces pourrait permettre d'inverser le cours de cette maladie.

Sclérose en plaques : intervenir avant l'irrémédiable

Un traitement prometteurLa sclérose en plaques est une maladie auto-i-mmune dans laquelle le système immunitaire attaque le système nerveux central et plus particulièrement la couche de myéline qui protège les fibres nerveuses et qui transporte l'influx nerveux. Durant les premiers stades, la maladie se caractérise par des symptômes neurologiques intermittents. On parle alors de formes dites rémittentes, qui se manifestent sous l'aspect de poussées durant quelques semaines ou quelques mois, pendant lesquelles les symptômes vont apparaître puis disparaître en laissant des séquelles d'importance variable. Les symptômes les plus fréquents sont des troubles visuels, une fatigue, des faiblesses, une paralysie des membres, des spasmes, un manque de coordination, un trouble de l'équilibre, un problème urinaire ou des changements d'humeur.

Environ un cinquième des patients présente des formes bénignes, dénuées de traces après la survenue de quelques poussées. Pour les autres patients, dans les 10 à 15 ans qui suivent les premiers symptômes, les manifestations de leur maladie passent du stade de poussées isolées à des formes secondairement progressives, où la maladie évolue de façon continue. Durant cette phase, les patients voient leur symptômes s'aggraver avec une absence de régression des symptômes neurologiques (lésions de la gaine de myéline ne cicatrisant plus suffisamment et devenant irréversibles).

L'un des espoirs de traitements réside donc dans la possibilité d'intervenir avant cette deuxième phase évolutive de la maladie, avant que les dégâts occasionnés ne soient progressifs et définitifs.

Reprogrammer le système immunitaire

Et c'est durant cette première étape que des chercheurs américains ont réussi à inverser le cours de la maladie grâce à une greffe de cellules souches issues de la moelle osseuse du patient. Atteints d'une forme rémittente de la sclérose en plaques depuis au moins 5 ans, 21 patients âgés de 20 à 53 ans ne répondaient plus au traitement par interféron depuis au mois 6 mois. Tous ont reçu une chimiothérapie focalisée sur leurs cellules immunitaires, avant de subir une transplantation de leurs propres cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse. Ces cellules sont des précurseurs des globules rouges et des globules blancs (dont font partie les lymphocytes). Le but est de reprogrammer le système immunitaire et d'avoir des cellules immunitaires qui, cette fois, ne vont pas se retourner contre le système nerveux.

Après un suivi moyen de trois ans, 17 patients (81 %) ont amélioré leur état et la maladie a été stabilisée chez tous les malades ! "C'est la première fois que nous avons inversé l'évolution de la maladie" s'enthousiasme le Pr. Richard Burt, principal auteur de l'étude.

Sclérose en plaques : confirmer ce traitement

Ce n'est pas la première fois que cette procédure est tentée, elle l'avait été chez des patients atteints de formes avancées de sclérose en plaques. Et dans ce cas, ces transplantations n'avaient pas eu d'effet bénéfique. "Cela n'a pas d'effet dans les stades avancés de la maladie, mais si nous traitons à des stades précoces, les patients vont mieux et continuent à améliorer leur état de santé. Ce que nous faisons est prometteur et très excitant, mais nous avons besoin de le confirmer dans un essai randomisé" déclare le Pr. Burt.

Une étude américaine impliquant plus de patients et une comparaison avec des traitements existants serait ainsi lancée à l'échelle nationale. Ses résultats permettront de savoir si cette procédure permet sur le long terme de reprogrammer le système immunitaire et d'éradiquer l'activité inflammatoire liée à la sclérose en plaques. Un nouvel espoir pour des milliers de patients !

David Bême - Le 6 février 2009

Source :

Autologious non-myeloablative haemopoietic stem cell transplantation in relapsing-remitting multiple sclerosis : a phase I/II study - Richard Burt and al. Lancet Neurology. Early Online Publication. 30 january 2009


   source :   http://www.doctissimo.fr/


07/02/2009
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