SCLÉROSE EN PLAQUES ESPOIR POUR TOUS (15.09.08)




SCLÉROSE EN PLAQUESFondée en 2006 au sein de l’incubateur Eclosion, cette


SCLÉROSE EN PLAQUESFondée en 2006 au sein de l’incubateur Eclosion, cette société travaille désormais à un essai clinique sur l’homme.
C’est la victoire d’une idée que beaucoup jugeaient trop osée il y a encore quatre ans. Mais la détermination a payé. GeNeuro, une petite société de biotechnologie franco-genevoise vient de recevoir 12 millions de francs de la part de la holding française Mérieux Alliance pour peut-être prouver d’ici à un an que son idée, devenue médicament, possède le potentiel d’arrêter la progression de la sclérose en plaques (SEP).
«Nous avons pris énormément de contacts. Avec des entreprises pharmaceutiques, des capitaux risqueurs, des sociétés de private equity (ndlr: investisseurs spécialisés dans les sociétés non cotées). C’est finalement la holding Mérieux qui a apporté le financement. De vrais industriels, avec une vision à long terme compatible avec celle de GeNeuro. » Jesús Martin-Garcia jubile. Cofondateur de l’incubateur genevois Eclosion, il est celui qui en 2006 a cru à cette idée originale et qui l’a financée à hauteur de 4 millions de francs jusqu’ici. «Je me souviens de la première visite d’Hervé Perron, le fondateur de GeNeuro et le père de cette théorie audacieuse. Il est venu en short car il était alors en vacances en Haute- Savoie. Il nous a fait une présentation de ses recherches. Et voilà le résultat. »
Il n’est encore qu’un étudiant en thèse, en 1991, quand le Français Hervé Perron découvre au microscope électronique un nouveau rétrovirus dans les plaques des patients de SEP. D’où vient ce dernier? On l’ignore. Il faudra près d’une décennie pour comprendre qu’il vient de l’intérieur, que l’être humain le porte dans son génome. «Notre ADN ne contient pas que des gènes, mais aussi une grande partie de séquences dont nous ne savons pas vraiment à quoi elles servent. Parmi elles, se trouvent celles d’anciens virus qui nous ont contaminés il y a des centaines de milliers d’années, explique le fondateur de GeNeuro. Ces virus endogènes sont inoffensifs la très grande majorité du temps. Enfin, c’est ce qu’on pensait alors. »
Prouvé chez l’animal
Un jour, à force d’étude, Hervé Perron se demande s’il ne serait pas possible à ces anciens rétrovirus d’être réactivés en partie et de participer au déclenchement de maladies bien actuelles cette fois, comme la sclérose en plaques, une affection neurodégénérative qui s’attaque à la gaine qui entoure les neurones et finit par les détruire. Si cette théorie novatrice se confirme, il serait en théorie possible de concevoir un anticorps capable de neutraliser la protéine pathogène produite par la séquence du rétrovirus endogène. Encore faut-il établir le lien causal de façon incontestable.
«Nous avons d’abord démontré que la protéine associée au rétrovirus est présente chez plus de 70% des malades, reprend Hervé Perron. Ensuite, nous avons construit un modèle animal. Nous nous sommes aperçus que les souris soumises à cette protéine développaient une forme très proche de la sclérose. » La responsabilité du rétrovirus était désormais établie chez l’animal. L’équipe de GeNeuro se lance alors dans la mise au point d’un anticorps capable d’attaquer spécifiquement la protéine pathogène. Pari gagné. La maladie a été stoppée nette chez la majorité des souris malades.
«Les 12 millions vont permettre d’entrer dans la première phase clinique, précise Jesús Martin-Garcia. Nous avons bon espoir de commencer des essais sur des patients d’ici à un an et de prouver que cette idée a un formidable potentiel thérapeutique. »



Source           TRIBUNE DE GENEVE.

 Article - 04/09/2008



15/09/2008
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