sclerose en plaques : de quoi s'agit-il ?

 

Avant-propos

Projet de rédiger ' Idées vrais/fausses sur la sclérose en plaques' est né du contact avec des patients atteints par cette maladie.

Bien qu'elle soit de mieux en mieux connue des patients et de leur entourage grâce à l'effort de communication des professionnels de la santé, à l'augmentation vertigineuse des sources d'information et au travail remarquable des associations de patients, elle continue de susciter de nombreuses questions concernant les facteurs favorisant la maladie, le risque évolutif, la vie quotidienne,le risque de transmission aux proches, les médecines alternatives, etc.

Ces questions récurrentes témoignent des vives inquiétudes des patients vis-à-vis de ces différents respects. Elles méritaient donc que l'on y réponde dans un langage simple et accessible à tous.

Mais la motivation profonde de ce guide repose sur la constatation que certaines idées erronées peuvent s'acquérir précocement et surtout que , une fois celles-ci acquises les patients ont les plus grandes difficultés à s'en détacher.

Si elle est parfois sans importance, cette perception erronée de la maladie peut néanmoins être nuisible en interférant avec le projet de vie ou la conduite a tenir dans la prise en charge thérapeutique.

Il ma ainsi paru nécessaire de répondre aux questions les plus fréquemment soulevées par les patients et d'identifier clairement les idées fausses afin d'aider ces derniers dans le difficile chemin de la connaissance de cette maladie.

 

 

La sclérose en plaques est une maladie contagieuse

Faux

La SEP n'est pas une maladie contagieuse : elle ne peut pas être transmise par un patient a différente personnes de son entourage. Les maladies contagieuses sont,en effet des maladies liées à un agent infectieux qui se développe au sein de l'organisme. Elles peuvent se propager à l'entourage de la personne malade, ce qui n'est pas le cas de la SEP.

 

 

La SEP est une maladie héréditaire

Faux

Contrairement à certaines maladies comme les myopathies ou l'hémophilies, la SEP n'est pas une maladie héréditaire. Il s'agit d'une maladie qui nécessite plusieurs : un terrain génétique favorable combiné à l'intervention d'agents environnementaux externes.

Ce terrain génétique favorable est lié à l'existence de facteurs génétiques dont certains seulement sont aujourd'hui connus .ces facteurs génétiques rendent le système immunitaire plus vulnérable a l'action des facteurs environnementaux . C'est pourquoi le risque pour un père ou une mère atteint de SEP de transmettre sa maladie à l'un de ses enfants est très légèrement supérieur au risque de survenue de la SEP dans la population générale. Mais le risque pour une femme ou homme atteint de SEP de transmettre sa maladie à son enfant n'est même pas supérieur au risque pour un couple normal d'avoir un enfant porteur d'une malformation quelconque à la naissance.

C'est pourquoi une grossesse est tout à fait envisageable au sein d'un couple dont l'homme ou la femme est atteint de SEP.

 

 

La SEP est uniquement une maladie des pays du nord

 

Faux

La SEP est une maladie qui touche des personnes de presque tous les pays.

Cependant, il est vrai que la SEP est de plus en plus fréquente au fur et à mesure que l'on s'éloigne de l'équateur pour aller vers le nord.

 

 

Le tabac pourrait jouer un rôle dans la SEP

 

Vrai

De plus en plus d'études tendent à montrer qu'il existe effectivement un risque plus élevé de SEP chez les fumeurs que chez les non fumeurs. Il semble aussi que l'évolution de la maladie soit influencée par le tabac, avec un risque de plus en plus grande activité de la maladie chez les fumeurs.

 

 

 

La recherche sur la SEP, n'avance pas

Faux

De nombreuses équipes de chercheurs travaillent dans le monde entier sur la SEP, et les progrès réalises dans la connaissance de cette maladie ont été considérables au cours de ces 10 dernières années ( plus de 3700 publication s entre 1990 et 1994, plus5500 publications entre 1995 et 1999 et plus de 9550 publications entre 2000 et 2005). Les découvertes au niveau de le recherche fondamentale continuent de progresser et favorisent une meilleure compréhension des mécanismes en jeu.

En 2005, plus de 75 essais thérapeutiques de phases II et III sont en cours dans le monde. Le processus à suivre pour mettre un nouveau traitement à la disposition des personnes atteintes d'une maladie est long, coûteux et difficile.

* Sur 10 000 molécules identifiées comme potentiellement intéressantes, 100 seulement seront testées chez l'animal, 10 pourront êtres évaluées chez l'homme et une seule parviendra à franchir les étapes de ce long chemin et sera commercialisée.

* Lorsqu'une molécule est identifiée comme intéressante pour traiter une maladie ou un symptôme des premières étude sont menées chez l'animal afin d'évaluer sa toxicité éventuelle et de valider ses effets.

* Viennent ensuite les différentes phases de développement clinique chez l'homme. Des études dites de phase I sont réalisées chez le volontaire sain pour mettre au point la posologie idéale du traitement ( efficace et bien tolérée). Puis des études de phase II sont initiées chez des personnes atteintes de la maladie afin d'évaluer l'efficacité du traitement.

* Une fois cette étape passée, des études de phase III à large échelle sont mises en place pour comparer l'efficacité du et la tolérance du nouveau traitement avec celles des traitements habituellement utilisés ou un placebo.

Les étapes de développement d'un traitement sont donc très nombreuses et nécessitent beaucoup de temps avant qu'un laboratoire pharmaceutique puisse envisager de déposer un dossier auprès des autorités pour obtenir une autorisation de mise sur le marché. Dans les cinq prochaines années, de nouvelles molécules prometteuses devraient voir le jour.

On ne connaît pas la cause de exacte de la maladie

Vrais

Chez un patient qui présente un terrain favorable, la rencontre avec un agent d'environnement pourrait dérégler le système immunitaire, système de défense qui agresse ensuite le système nerveux et déclenche la maladie. Un certain nombre de gènes et de facteurs environnementaux (climat,alimentation,infection virales,pollution,etc.)sont identifiés mais, d'une personne à une autre, la cause de la maladie pourrait être différente.

 

Des patients associent leur SEP à un choc psychologique ou à un stress

Vrai ou faux?

C'est une question à laquelle il est très difficile de répondre, et ce pour différentes raisons :

-il n'existe pas un seul stress : il y a le stress lié à un choc psychologique ( décès, divorce, etc.);

- la mesure du stress et de ses répercussions n'est pas simple, d'autant que toutes les personnes ne réagissent pas de façon identique à un même 'stress. '

L'influence du stress sur le développement de maladies comme la SEP est un sujet très discuté qui doit encore être approfondi avant d'apporter une réponse catégorique à cette question.

 

Les amalgames dentaires déclenchent la SEP et les poussées

Faux

 

Bien que chez certains patients une SEP se soit déclarée quelque temps après la pose d'amalgames dentaires, il n'existe pas, à ce jour, d'arguments permettant de dire que ces deux évènements sont liés.

La toxicité suspectée des amalgames dentaires provient des métaux qui les composent :50% de mercure, 30% d'argent, et d'autres métaux en moindre quantité. Le mercure constitue le suspect principal. Il n'est pas susceptible de donner des atteintes inflammatoires du système nerveux central (SNC), et son taux n'est pas augmenté dans le cerveau des patients atteints de SEP. Il n'existe pas à ce jour de données sur l'impact immunologique du mercure et il n'y a pas d'études de méthodologie satisfaisante concernant l'impact de l'ablation des amalgames dentaires sur l'activité de la maladie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



21/05/2008
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