Lancement d'un plan de lutte contre les hépatites virales on reparle du vaccin et de la SEP

Lancement d'un plan de lutte contre les hépatites virales

PARIS (AFP) — Le ministère de la Santé a lancé mardi un plan national de lutte contre les hépatites virales B et C, dont l'objectif principal est d'augmenter leur dépistage et la vaccination contre l'hépatite B, déconsidérée depuis plusieurs années pour des liens supposés avec la sclérose en plaques.

La situation selon le ministère reste "préoccupante", avec quelque 500.000 personnes porteuses en France d'un des deux virus. Plus de 4.000 personnes en meurent chaque année, dont les deux tiers du fait de l'hépatite C.

Et pourtant, la vaccination contre l'hépatite B - il n'y en a pas contre l'hépatite C - est selon le ministère efficace à 95%.

"Il faut essayer de restaurer la confiance dans la vaccination", a noté mardi devant la presse le Pr Daniel Dhumeaux, président du comité qui a élaboré ce nouveau plan, tandis que le directeur général de la Santé Didier Houssin admettait que c'était "une tâche difficile".

Une campagne de vaccination massive contre l'hépatite B avait été lancée en 1994 mais suspendue en 1998 en milieu scolaire suite à des études liant la vaccination à la sclérose en plaques (SEP). Mais selon le ministère "aucune démonstration scientifique n'a pu être apportée". Une seule étude, en 2004, donnait des résultats "significatifs" chez l'adulte quant à un lien entre SEP et vaccination anti-hépatite, sans remettre en cause les recommandations vaccinales.

La polémique a rebondi l'an dernier, suite à une nouvelle étude (non publiée) qui établissait un lien chez l'enfant entre la SEP et un certain type de vaccin anti-hépatite - des résultats analysés ultérieurement comme "fortuits"-.

De fait, la méfiance persiste en France, y compris auprès de certains professionnels de santé. Le taux de vaccination des enfants de moins de 2 ans n'y est que de 29%, contre quelque 80% à 90% chez certains de nos voisins européens ou en Amérique du nord.

Selon le ministère, on pourrait d'ailleurs voir dès cette année une hausse des cas d'hépatite B, les jeunes non vaccinés - du fait de l'arrêt de la campagne en milieu scolaire en 1998 - entrant dans la classe d'âge la plus à risque des 20-29 ans.

Ce plan 2009-2012 fait suite à divers plans, programmes ou ensembles de mesures qui se sont succédé depuis 1999.

Pour l'augmentation de la couverture vaccinale, il vise les nourrissons et les enfants, les usagers de drogue et les personnes à risque, dont les personnels de santé. Des documents seront distribués aux médecins, mais aucune campagne n'est prévue en direction du grand public.

Selon le Pr Houssin, "dans le climat de méfiance actuel, une campagne grand public aurait un effet contre-productif". "On irait contre les murs, il faut y aller progressivement", dit-il.

En ce qui concerne l'hépatite C, le plan vise à réduire les risques de transmission virale chez les usagers de drogue par des campagnes d'information.

Outre la prévention, le plan veut aussi renforcer le dépistage, très insuffisant, avec l'objectif de passer d'un dépistage de 57 à 80% pour l'hépatite C et de 45 à 65% pour l'hépatite B.

Il s'agit aussi d'améliorer l'accès aux traitements, pour lesquels le secteur libéral devrait être mieux formé.

De nouvelles mesures devraient également être adaptées au milieu carcéral, avec notamment incitation au dépistage et proposition de vaccination.

L'hépatite A, très rare en France et jamais chronique, ne fait pas l'objet de ce plan, dont le coût est estimé à 4 millions d'euros par an .

source  



25/02/2009
2 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 102 autres membres