Sylviane Müller : Un projet sur la sclérose en plaques
Une équipe de chercheurs de Strasbourg, parmi lesquels des Bretons, vient de découvrir une protéine capable d’atténuer les manifestations variées du lupus.
Jean-Paul Briand, le chimiste du laboratoire de recherche CNRS UPR9021 : «Nous avons proposé notre molécule aux laboratoires français, aucun n’a été intéressé. La société Cephalon aux USA, 10e mondial, a avancé 15 millions de dollars et maintenant 30 millions de plus après la publication des essais de phase 2, pour démarrer des essais de phase 3 sur 5 à 600 patients en avril. »
Un brevet en 2001
Ce Breton d’origine, né à
Plouër-sur-Rance, était venu à Strasbourg poursuivre ses études de chimie. Il
n’en est jamais reparti et c’est là qu’il a rencontré sa femme, Sylviane Müller,
immunologiste, qui dirige le laboratoire. Un autre Breton, Frédéric Gros,
originaire de Vannes, fait partie de cette équipe de cinq chercheurs qui
viennent de publier des résultats porteurs d’espoir pour les malades du lupus
érythémateux disséminé. Il s’agit d’une maladie auto-immune, c’est-à-dire que le
système immunitaire de l’individu s’attaque à son propre corps. Et les atteintes
sont variées : peau, reins, articulations, cœur, cerveau, poumons. Dans les
formes les plus graves, la maladie peut être létale.
200.000
Français touchés
La maladie, dont on connaît mal la fréquence,
faute d’étude épidémiologique, toucherait 200.000 Français et 5 millions
d’individus dans le monde. Dans 90 % des cas, il s’agit de femmes jeunes, entre
18 et 30 ans.
«Nous nous sommes intéressés à une protéine qui est un
marqueur de la maladie fréquemment reconnu par les anticorps que produit le
malade contre lui-même. Nous avons pu tester 25 protéines différentes». L’une
d’elle s’est révélée très intéressante et après une modification ce nouveau
peptide s’est montré capable de restaurer l’état normal du système immunitaire.
Les souris auxquelles on injectait ce traitement ne développaient pas la
maladie.
«Nous avons breveté le peptide en 2001. Une rencontre avec Dr
Robert Zimmer nous a amenés à créer en 2004 avec lui la société
bio-pharmaceutique Immupharma qui a financé les études de phase 1 pour tester
sur des personnes non malades le produit, afin de s’assurer de son innocuité. Là
non plus nous n’avons pas trouvé de financement en France, le siège social est à
Londres».
Testé sur des Bulgares et Argentins
L’étude de phase 2 menée sur 125 malades Bulgares et Argentins a
donné de bons résultats sur une proportion significative de patients. «Le taux
de réponse de ceux qui n’ont pas reçu le placebo est excellent et les effets
secondaires indésirables sont mineurs».
Le traitement, baptisé Lupuzor,
s’est fait par injection sous-cutanée toutes les quatre semaines, pendant 12
semaines. La dose n’est que de 200 microgrammes, si l’on en donne plus, cela
marche moins bien.
Un projet sur la sclérose en plaques
«L’objectif est une mise sur le marché fin 2010<ET>», ajoute
Sylviane Müller, «<ET>Je souhaiterais travailler sur une autre maladie
auto immune, la sclérose en plaques (SEP), c’est une maladie pour laquelle on a
aussi la chance d’avoir un modèle animal. Si tout va bien pour Lupuzor, dont le
brevet reste propriété du CNRS, l’argent retiré de la licence pourra permettre
de monter une nouvelle équipe pour travailler sur la SEP».





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